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mardi 23 avril 2019

Belle fête de Pâques

Pâques a commencé par la célébration de la veillée Pascale, dans l'église du quartier, à quelques centaines de mètres de la maison. Probablement la seule blanche de l'assemblée, je me suis trouvée en immersion dans les rituels malgaches. Et c'était très beau, et très différent de ce qu'on connaît en France, malgré le socle commun du culte catholique. C'était plein de vie ! Vivant, c'est vraiment le terme approprié : des chants connus et suivis de tous, avec un accompagnement sono rythmique ; une danse pour fêter la lumière ; des échanges prêtre-assemblée lors de l'homélie (tout en malgache, je n'ai pas compris grand chose !) ; des va-et-viens dans l'église mais dans un profond respect du calme. Un vrai beau moment, qui m'amène toutefois à la remarque suivante : comme cela doit être dur pour les prêtres étrangers, et notamment africains, qui arrivent dans nos églises françaises tellement ternes (petite pensée particulière pour le père Irénée, arrivé en octobre à Ger, et qui a beaucoup marqué Nicolas et Amélie).

Les fêtes de Pâques se sont poursuivies dimanche par un repas partagé entre vazaha à la ferme-école d'Agnès. Moment convivial très sympathique, dans un lieu spacieux qui se prête bien aux échanges simples et informels. Et bien sûr chasse à l'oeuf pour les 8 enfants présents, bien décidés à ne pas oublier leurs habitudes françaises. A Madagascar, la tradition de Pâques est de faire une promenade avec un pique-nique, souvent bien arrosé ...

Pour lundi de Pâques, férié ici aussi, nous avons opté pour une journée famille : parties de carte, bon repas de fête (et oui, les grands non plus n'oublient pas leurs habitudes) en terrasse, et promenade pour admirer le coucher du soleil. Et chose exceptionnelle, un dispensaire plongé dans un calme inhabituel, puisque je crois que nous n'avons croisé personne de la journée, la première fois depuis notre installation.



Surprise pour finir : entre un anniversaire d'enfants samedi, et l'arrivée d'un colis ce jour
, nous voilà rattrapés par ce qu'on n'aurait jamais imaginé avoir ici :

Anne

jeudi 18 avril 2019

Aujourd'hui petite explication des parrainages chirurgicaux

où comment se démener et consacrer une demi journée pour offrir une intervention chirurgicale à une famille qui n'aurait jamais pu l'envisager sinon ! 😄


Pour commencer c'est quoi les parrainages chirurgicaux d'AMM ?

Grâce aux dons qu'elle reçoit AMM mène différentes actions. L'une de ces actions est le financement d'interventions chirurgicales pour des patients aux ressources insuffisantes.

Petite précision : les dons que vous nous adressez spécifiquement ne sont pas utilisés pour ces parrainages, ce sont les cotisations des adhérents à l'association et autres dons à l'association qui sont utilisés pour les parrainage chirurgicaux.

Plus d'éclaircissements sur l'utilisation de vos dons pour notre “mission" feront l'objet d'un autre post à venir...

Toujours est-il que AMM prend donc en charge régulièrement des interventions diverses pour des personnes démunies et nous sommes les chefs d’orchestre pour que les choses puissent se faire.

Pour bien vous rendre compte je vais vous présenter le cas d'hier. Il s'agit du petit Marios Anicet petit garçon de 14 mois avec une hernie inguino-scrotale gauche.



Il a été vu en consultation par le médecin du dispensaire en début de mois. Il a alors été référé à un chirurgien viscéral pédiatrique pour avis.
L'indication chirurgicale ayant été confirmée, nous avons accepté qu'il soit parrainé par AMM. La famille réglera une part symbolique (2.5 € en l’occurrence) et les dons reçus par AMM prendront en charge le reste (environ 100 à 120 € en l’occurrence).

C'est là que le "parcours du combattant" commence pour nous !

La famille se rend au CHU pour les examens pre-anesthésiques et obtenir les ordonnances des médicaments et autres consommables nécessaires à l'intervention. Nous remboursons (ou plus souvent avançons petit à petit les sommes nécessaires moyennant le contrôle des justificatifs à chaque fois).

Une fois la date fixée et les ordonnances en notre possession, nous nous occupons avec Fifie, notre "préparatrice en pharmacie", de recueillir les éléments disponibles au dispensaire (gants d'examen, gants chirurgicaux, compresses, sparadrap, bétadine, traitements per et post opératoires ... tout y passe). Tout ce qui peut-être fourni par le dispensaire l'est ; cela permet de diminuer le coût d'une part et d'autre part cela fait une "rentrée d'argent" pour le dispensaire. 
Une fois arrivé au bout de ce que le dispensaire a de disponible, les choses se compliquent.

Je me suis rendu mercredi vers 14h à l’hôpital pour recueillir les éléments indispensables manquants (par exemple cette fois : de la kétamine et dérivé halogéné pour l'anesthésie), c'était ma première fois et je n'ai pas été déçu ! 
La pharmacienne commence par chiffrer les produits à fournir, puis on paye, puis elle nous délivre l'essentiel. Non hélas pas tout mais seulement l'essentiel car certains produits sont en rupture (la kétamine notamment ...) ; et pour d'autres produit comme le dérivé halogéné, il faut aller voir l'anesthésiste qui délivre un nouveau document sur un carnet à souche, on va alors régler de nouveau à la pharmacie et on retourne voir l’anesthésiste avec le reçu qui lui permettra de retirer le produit le matin de la chirurgie ... Si vous avez pas tout suivi vous pouvez relire le paragraphe et si cela vous parait encore flou le mieux est de venir vous rendre compte sur place ! :-)

au passage le "bureau-salle de garde" des anesthésistes sur les photos ci-dessous.


La j'enfourche à nouveau mon vélo (oui on se refait pas ...) et je fais le tour des pharmacies pour récupérer la précieuse kétamine manquante (et autres bricoles ...). Heureusement que je suis revenu bredouille car j'aurais peut-être craqué et tenté mon premier "shoot à la kétamine" pour m'aider à surmonter les épreuves qui restaient ...
D'abord je retrouve le petit garçon, sa mère et sa grand mère pour aller voir le chirurgien pour faire le point avec lui sur des questions pratiques, notamment de savoir quand je le règle lui ...
Il n'est pas là ; nous patientons donc 5-10 minutes comme il me l'a demandé au téléphone (bon alors le temps malgache étant un peu différent du temps vazaha ce fut plutôt 50 minutes de notre temps à nous ...Einstein avait raison "tout est relatif" et "il y a plusieurs temps" ...). Les détails pratiques étant vus (occasion de découvrir qu'il prenait seulement environ 3€50 d'honoraires pour la chirurgie :-) !!! on peut passer à l'étape suivante ...

Il faut faire hospitaliser pour la nuit ce petit garçon ... Nous nous rendons donc à la caisse en bas où j’achète le dossier médical nécessaire à l'hospitalisation et règle les honoraires du chirurgien. Puis nous nous rendons à l'accueil des urgences, soit plus ou moins au milieu de la "salle de déchoquage" (c'est comme cela qu'elle s'appelle et on est effectivement vraiment au cœur de l'action ...) pour remplir le dossier d'admission. Nous remontons alors au service de chirurgie viscérale. J'abandonne quelques minutes la famille le temps qu'on leur montre leur chambre. Je descend sonner à la sonnette du bloc opératoire pour voir l'anesthésiste.
Je l'informe que la Kétamine est en rupture partout, il me dit que c'est pas grave qu'il s'en passera ...
Je remonte donc au service de chirurgie viscérale et avec l'infirmière de garde (et ses stagiaires) nous vérifions que la liste de course est complète. Elle l'est .... presque ...mise à part la kétamine, il manque une kit de nettoyage (solution hydroalcoolique et eau de javel) ainsi qu'un sac poubelle, petit saut à la pharmacie qui me vend le sac poubelle mais pas le kit de nettoyage ("Tsy" (prononcer [tsich]"y a pas"). 
Dernier passage au service de chirurgie, il me reste à acheter le "kit d'hospitalisation du service" (un cahier, une feuille d'hospitalisation, du papier toilette, de la lessive ...). Après coup je me demande si je me suis pas fait avoir et si cela n'était que "facultatif" ... 
Je salue la famille "confortablement" installée dans leur chambre d'hospitalisation. Trois lits disponibles au choix : celui sans le matelas, celui avec au milieu du matelas un trou de 30 cm (au moins) ou celui avec pas encore de trou mais cela ne saurait tarder. Je leur souhaite bon courage (mazotoa ! [masstou]) ! Ils vont en avoir besoin ...
 Il est 17h00 et ma mission de l'après-midi est finie !

Je raconte tout cela sur le ton de la rigolage et bien-sûr c'est un peu pénible ; mais c'est surtout génial que grâce à vous on puisse aider ces familles et leur permettre d’accéder à des soins chirurgicaux, inaccessibles autrement.
Merci aux généreux donateurs d'AMM qui permettent de financer ces chirurgies et merci à tous ceux qui participent d'une manière ou d'une autre à notre mission ; il nous permettre d'être là pour vivre ça :-) et pour faire tout se travail de préparation permettant que l'intervention ait lieu ... !

                               👍👍👍👍👍👍😄😄😄😄😄😄

Le temps passe

Le temps passe, voilà deux mois que nous sommes installés dans notre maison dans l'enceinte du dispensaire. Nous commençons à nous sentir à l'aise dans la vie malgache. Notre souci majeur reste la langue : une langue qui n'a rien à voir avec le français, qui nécessite un apprentissage fastidieux pour le vocabulaire, et une très bonne oreille musicale pour intégrer les accents de prononciation et savoir les refaire ... Bref, on n'est pas au bout de nos peines ! Et en même temps, tout serait tellement plus simple si on partageait la même langue.

On s'est par contre très bien adaptés à la nourriture. On n'est pas encore lassé de notre riz quotidien, toujours très bien agrémenté le midi au dispensaire. On ne cherche plus le couteau pour manger la viande, on sait faire avec nos cuillères et fourchettes, et surtout avec nos doigts et nos dents pour ronger les os ! Ici certains mangent même les petits os ! N'ayant peur de rien, nous avons même essayé de goûter la cervelle de poulet : et finalement c'est très savoureux ! Nous sommes nettement moins au point pour l'achat de la viande, nous n'avons pas encore décodé tous les codes. Pas facile, il faut y aller tôt, pour éviter que la viande n'ait trop pris le soleil ou les mouches ; mais pas trop tôt non plus pour que la viande soit arrivée de l'abattoir jusqu'au boucher, et éventuellement que le boucher ait eu le temps de la transformer.
Philippe s'est ainsi fait avoir plusieurs fois ... et vous vous en doutez, pas d'affichage des horaires et quelques difficultés de communication ... Sinon la saison des avocats bat son plein, c'est une merveille. C'est le début des goyaves, dont l'odeur est enivrante (mais personne n'aime vraiment leur goût à la maison), et des goyaviers ou goyave de chine, petit fruit rouge cousin de la goyave mais avec un parfum de fruits rouges très sympathiques ! Nous ne sommes pas en reste de légumes, la diversité est aussi étendue qu'en France, avec la particularité de consommer beaucoup des brèdes variées (les feuilles vertes des plants) qui s'apparentent à des épinards, mais avec des goût plus marqués et divers. Récemment, nous avons essayé les brèdes mafanes avec leurs petites fleurs jaunes, elles piccottent en bouche et laisse ensuite un fourmillement sur les lèvres très surprenant (mais néanmoins c'était très bon !). Les patates douces sont incroyables ! Nous avons aussi goûté les petits pois malgaches (qui s'achètent déjà écossés ... pour une fois qu'on gagne du temps !), les pois chiches, ou le fruit à pain. Bref, de ce côté là, on ne s'ennuie pas.



Le temps passe et le temps change aussi. Nous basculons vers une saison plus sèche. Voilà une semaine sans orage ni pluie. Les nuits sont aussi plus fraîches, mais la chaleur reste présente en journée, notamment car le ciel est plus clair et le rayonnement se fait beaucoup ressentir. Déjà la végétation jaunit un peu nous semble-t-il.

mardi 16 avril 2019

Nouvelle bien inattendue

Bonsoir
Hier matin les nouvelles étaient vraiment pas bonnes pour cette femme enceinte déposée dans la nuit à l'hôpital.
Le midi nous avions des nouvelles tellement incroyablement bonnes que nous avons pensé à une mauvaise compréhension liée à la barrière de la langue.
Mais après enquête la bonne nouvelle est confirmée.
La maman et le bébé vont bien !  Finalement l'arrivée dans la nuit de mardi à mercredi au "chu"a été suivie d'une césarienne réalisée le mercredi soir (une fois l'argent nécessaire rassemblé...) et le bébé était encore vivant !
Il y a plus qu'à espérer qu'il n'y ait pas de complications post opératoires...
Pensées émues pour la maman qui a du supporter tout cela ! À commencer par la route jusqu'à l'hôpital qui n'est pas meilleure la nuit que le jour...

Au milieu des enfants

Aujourd'hui, j'ai accompagné Patricia dans se tournée : passer dans les villages pour faire du porte à porte et détecter les enfants susceptibles de rentrer dans le Programme Nutrition Santé du dispensaire (mis en place et financé par nos prédécesseurs). Le principe est simple : peser tous les enfants de 6 mois à 5 ans et mesurer leur périmètre brachial (= tour de bras), un périmètre brachial en dessous de 135 mm étant un signe d'appel de malnutrition et permettant d'orienter les enfants vers le dispensaire.

 Ayant aperçu 3 enfants au loin, nous nous approchons et pénétrons au sein d'un groupe d'une dizaine de maison. Et sans savoir comment, on se retrouve entourées d'enfants, une véritable nuée de bambins, une trentaine je pense, et quelques adultes. Patricia, malgache, explique la raison de notre venue. Et en un instant, tout s'organise, une femme passe la culotte de portage à l'enfant, tandis qu'une autre me donne son âge et son nom, Patricia prend les mesures, je note, et ça enchaîne ... 20 y passent comme ça ...
Tout ce petit monde se bouscule, rigole, cri ou pleure. Ca grouille de vie autour de nous ! et de bruit ! Tous se connaissent, les plus grands gèrent les plus jeunes ou consolent les tout petits, un peu impressionnés tout de même par la pesée-balançoire. Au final, on voit aussi bien des enfants bien-portants que des malnutris (notamment chez les bébés où la maigreur est parfois très nette) ; 9 sont renvoyés vers le dispensaire ... combien viendront vraiment ? malgré la gratuité, toutes les familles ne sont pas prêtes à faire l'effort de venir deux fois par jour au dispensaire (pourtant à 5 minutes).

Anne

mercredi 10 avril 2019

Ambulance Nocturne ...

Bonjour à tous

Après plusieurs articles c'est moi qui reprend le clavier avec hélas un post pas très gai.

Dure journée pour la sage femme de garde hier ainsi que pour la sage femme stagiaire. Dans la journée le médecin a hospitalisé 2 malades pour des saignement digestifs (fréquents ici suite à la bilharziose). Une femme était déjà là depuis tôt le matin, pour un accouchement qui s'est bien passé avec une naissance vers 18h. Jusqu'ici du travail mais ça allait...

Une autre femme à terme est arrivée en début de soirée ; à 22h00, voyant l'accouchement mal engagé, la sage femme a recommandé un transfert à l'hôpital. Refusé alors par la famille ... faute de moyens. Ce n'est que vers 2h00 du matin, alors que l'accouchement n’avançait pas et qu'il y avait des signes de souffrance du bébé, que la famille a accepté d'être "transférée" à l’hôpital. Une césarienne "en urgence" était nécessaire.

Nous avons donc été réveillé par des tambourinements à la porte et la karenje s'est transformée en "ambulance" pour conduire, la femme enceinte, les deux personnes qui l'accompagnaient et leurs affaires jusqu'à l'hôpital (CHU) de Tambohobe, à 4 km. Je vous laisse imaginer le calvaire de cette pauvre femme, en plein travail, sans péridurale, sur la piste chaotique ou sur la route pavée (cf publication précédente).

J'ai déposé cette famille à l'accueil et suis rentré, perplexe sur la suite de cet accouchement.

Choix difficile entre rester ou rentrer, mais la présence d'un "vazaha" risquait de compliquer la situation ...

Les trajets se sont passés sans encombre dans une ville calme comme jamais ... J'ai réussi à dormir un peu malgré toutes les interrogations et craintes.

Ce matin hélas les nouvelles ne sont pas très réjouissantes. La césarienne n'a pu être réalisée faute de moyens (400 000 Ar, soit environ 100 euros), le bébé est mort et une embryotomie doit être envisagée ... Espérons qu'elle puisse se faire et qu'il n'y ait pas de complication pour la mère ; bien assez de souffrance comme cela !

Il reste à croiser les doigts encore une fois ! Et le problème va tourner encore un peu dans nos têtes ...

Disons nous déjà, que grâce à votre soutient de tous et de chacun, nous étions ici à Padre Pio avec une voiture ... On sait bien que ce genre de drame est quotidien autour de nous, mais d'être impliqué, là, comme cela, donne encore une fois à réfléchir.

Voilà une humeur triste du matin ! Heureusement la naissance heureuse de fin d'après midi apporte un peu de positif.

Philippe


lundi 1 avril 2019

Première rencontre avec les lémuriens


Samedi, nous avons profité d'un week-end prolongé (le vendredi étant férié cause de commémoration du massacre de 1947) pour partir pour notre première "expédition". Nous avons choisi d'aller visiter la parc Anja, sur la route de Tulear, à une dizaine de kms après Ambalavao.
L'occasion aussi de tester notre Karenje, notre voiture malgache dont nous ne sommes que modérément satisfaits pour l'instant. Et bien, contrairement à ce que l'on pensait, elle s'est révélée meilleure voiture dans ce contexte. Nous avons frôlé les 100km/h en descente ! Et réussi à grimper les côtes sans repasser la première ! Par contre, nous ne partirons pas à l'autre bout de Mada avec, trop peu fiable, tenue de route suspecte, et avec vraiment aucun équipement de sécurité, ni ceinture de sécurité à l'arrière ni aucun appui-tête, le minimum.
Le parc Anja est une réserve communautaire. Un petit bout de forêt préservée permet d'héberger une belle population de Maki Cattas (environ 400). Le parc est géré par une association de 6 villages, qui s'occupe aussi d'un lac pour "la pisciculture", les bénéfices sont affectés aux villageois et réinvestis dans la formation des guides ou le centre de promotion féminine. Et ça marche depuis 1997 !
Attirés par le joli sommet qui surplombe la forêt (surtout Nicolas qui voit là-dedans un joli défi à relever), nous décidons de partir pour le grand tour, 6-8h de marche d'après le guide. Etant dans un parc, nous sommes contraints de louer les services d'un guide et d'un pisteur, qui se sont révélés bien utiles, le sentier n'étant pas toujours bien tracé. Et voilà la petite équipée en route !
Première étape : découverte des cacahuètes. Et oui, elles se forment et se développent dans la terre ... Dégustation en direct de cacahuètes fraîchement récoltées, au goût légèrement différent.


Deuxième étape, à 500 mètres du départ : première famille de lémurien, et émerveillement des enfants ... Mais notre impatient de Nicolas souhaite vite poursuivre, afin de gravir cette montagne au plus tôt !

Nous cheminons dans la forêt, croisons d'autres familles de Makis Cattas, passons dans les grottes, escaladons des rochers, jouons à tarzan, ou nous essayons sur quelques mètres à la via ferrata ... Promenade très ludique.
Troisième étape, nous attaquons la grimpette. Et quelle grimpette ! La pente avoisine parfois les 48 %, notamment une portion sur le rocher où on tient à peine debout.
Nicolas se régale, Amélie est un peu plus fébrile. Mais avec de belles









pauses régulières ombragées, un peu d'aide et de courage, et le soutien du guide qui nous trouve le chemin dans les hautes herbes, nous arrivons au sommet. Quel spectacle, quel panorama !











Bruno et Amédée félicitent les enfants, ils n'auraient jamais vu d'enfants de 6 et 8 ans grimper si haut (ça reste à vérifier, mais ça fait plaisir à entendre pour les enfants).
La pause pique-nique s'impose, bien installés à l'ombre d'un rocher, en compagnie des lézards et d'une chenille qui serait bien repartie en promenade sur le short d'Anne ... A peine revigorés que les enfants et Philippe repartent encore plus haut, juste au-dessus, rien que pour le plaisir d'escalader !
La descente se fait tranquillement, ponctuée par des pauses plus botaniques. Revenus dans la forêt, nous retrouvons nos amis lémuriens, mais cette fois-ci nous prenons vraiment le temps de les observer, et même de se faire faire pipi dessus ! On n'a rien sans rien !











Au final, cette promenade n'aura duré que 5 heures, sans la pause pique-nique.
Merci à nos accompagnateurs, et bravo aux enfants qui se sont bien dépassés, mais qui ont trouvé aussi beaucoup de plaisir.

Pour info, à titre indicatif, le droit d'entrée est de 10 000 Ar pour les résidents, et 20 000 pour les étrangers ; pour 4 personnes, le tarif du guidage varie de 32 000 à 120 000 Ar selon le type de circuit.

lundi 25 mars 2019

le retour de passe-partout

Ophélia étant partie, nous voilà maîtres des clés ... Et quel trousseau de clés !


Et oui, pour palier au vol, chaque porte, et pour ne pas dire chaque armoire, ferme à clés. Sans oublier les cadenas à code ...😕
Trêve de plaisanterie, nous entrons définitivement dans notre mission ce matin. Ces quelques semaines d'observation au côté d'Ophélia nous ont permis petit à petit de définir un peu mieux nos objectifs. Notre premier rôle est avant tout de rester le bras droit du directeur, surtout essayer de ne pas prendre sa place mais le seconder. Ensuite, nous nous mettons le défi de réussir à clarifier, simplifier et donner un peu de rigueur à la comptabilité. Actuellement, la prise de recettes et dépenses du jour se fait sur pas moins de 10 cahiers différents ... d'où certaines erreurs ... ! Vaste projet !
Nous espérons aussi nous occuper du programme de renutrition des enfants par la Koba Aïna, mis en oeuvre par les Lambert. Il doit être réajusté, car il semble qu'il y ait un peu de flottement et de dispersion ; et nous espérons mettre en place une vraie coopération avec les soeurs de Sahalava qui proposent aussi une Koba Aïna. Et puis, il y aura toutes les multiples petites choses du quotidien du dispensaire : des commandes, des réparations, des réunions, des parrainages ... Largement de quoi nous occuper ces mois à venir, sans compter tous les imprévus qui se présenteront.
A bientôt

dimanche 24 mars 2019

Veloma Ophélia

Ophélia, infirmière venue en stage de DU via AMM à Padre Pio pour 4 mois, est sur le départ.
Son passage ici a été largement fêté. Tout d'abord, un déjeuner surprise mercredi midi, avec une grande partie du personnel et le Père Cyrille. L'équipe avait prévu un vrai déjeuner de fête, avec entrée, plat, fruit et dessert, et des boissons, et s'était préparée bien une semaine à l'avance pour organiser tout cela (fait assez rare pour signaler l'importance de ce repas).

Samedi après-midi, Ophélia a accueilli l'intégralité du personnel, le directeur, et la majorité des étudiants parrainés par AMM. Sa présence très appréciée ici a été grandement remerciée, d'ailleurs ces nombreux cadeaux lui ont donné bien du mal à fermer sa valise !  Cette fête fut l'occasion de dire au revoir, et de partager un très bon moment : bien sûr de quoi boire et manger, mais surtout des chants, des danses, des rires ... Ca nous a fait très plaisir de voir ainsi l'équipe s'amuser ensemble, et de partager cela avec eux.



Au revoir Ophélia, merci pour ce que tu nous as apporté, et belle route.

mardi 19 mars 2019

Toutes ces rencontres

Je voulais vous dire un mot de toutes ces belles rencontres que nous faisons.
Il y a d'abord toutes ces belles personnes travaillant au dispensaire, et que nous apprenons à connaître petit à petit, en essayant de comprendre leur personnalité. Le déjeuner partagé est souvent propice à l'échange, "échange interculturel" comme le dit si bien la DCC. Nous apprécions ces moments, l'occasion d'apprendre quelques mots de malgache, de discuter politique ou médecine avec le médecin, de chacun faire découvrir ses pratiques culinaires (nous mangeons malgache, nous découvrons leurs produits, mais nous apportons aussi régulièrement gâteau ou café ...). Depuis peu, nous avons essayé aussi le pique-nique : le repas est le même, mais assis au sol sur la natte de coco à l'extérieur et non plus autour de la table, ça lève un peu plus les barrières et c'est l'occasion de bonnes parties de rigolade.
Et puis, il y a eu la rencontre avec Enzy et sa famille. Enzy est une femme du voisinage, qui a 4 enfants de 6 mois à 9 ans, et dont le conjoint est partie en décembre, laissant sa famille déjà pauvre seule. Ophélia l'a aidée à cette époque. Samedi, tous ensemble, nous sommes partis nous promener dans le coin. Les enfants ont grimpé ensemble et partagé le vélo. Les adultes ont discuté tout en avançant. Enzy est une femme formidable, très censée, qui veut le meilleur pour ses enfants et se bat pour leur donner une bonne éducation (au sens large), et qui arrive à se projeter pour essayer de trouver les bonnes solutions pour leur avenir à tous. C'est plutôt rare chez les malgaches. Nous avons été très touchés lorsqu'elle a souhaité nous faire visiter sa maison. Peut-on parle de maison ... Plus exactement, c'est le premier étage d'une grande cabane, on y accède par une échelle bien raide, 1 bébé, 3 enfants et 1 adulte se partagent environ 12 m² ... Mais c'est un vrai nid douillet, parfaitement propre et arrangé, même décoré, qui respire d'amour et de fierté. Nous sommes restés sans voix !
Beaucoup moins dans l'interculturel mais davantage dans l'interpersonnel, nous faisons connaissance avec bon nombre de français en mission plus ou moins longue ici. Il y a les familles, qui comme nous viennent passer 1 ou 2 ans, avec lesquelles nous passons de bons moments pique-nique, ballade, goûter, pour la grande joie des enfants comme des adultes. Il y a les ecclésiastiques, notamment des soeurs de différentes congrégations, en mission pour plusieurs années (parfois même la vie !) et très investies dans l'aide aux personnes. Et puis il y a les résidents, ceux qui ont décidé de s'installer ici et de travailler, voire de fonder une famille. Beaucoup de belles rencontres.
Nous sommes aussi confrontés à des situations complexes, qui nous renvoit brutalement à notre situation de français très choyé. Je pense ainsi à cette femme enceinte, il y a quelques semaines l'échographiste a diagnostiqué un déficit en liquide amniotique et lui a recommandé d'aller à l'hôpital. Mais elle n'y est pas allée, trop cher. Elle est revenue samedi, son bébé est décédé in utero ... elle doit absolument aller à l'hôpital pour voir un obstétricien et accoucher de ce bébé mort, sans quoi elle risque sa vie ... mais ira-t-elle ? Je pense aussi à cette femme opérée d'un carcinome de la mâchoire il y a 8 mois, mais il n'y a pas de radiothérapie à Fianarantsoa, et cette femme n'a pas suivi le protocole de chiomiothérapie (raison inconnue), et la voilà qui revient il y a 4 jours, en pleine récidive ... trop tard et illusoire de ré-intervenir. Je pense à ce bébé de 9 mois, d'une fratrie de 13 enfants, avec une déformation crâniale molle : scanner en panne ici, quand l'enfant passe enfin le scanner, celui-ci retombe en panne en cours d'examen ... mais le temps presse, l'enfant commence à essayer de marcher, il risque à tout moment d'aggraver son état.
Les exemples se renouvellent jour après jour ... Mais comme nous disait un frère, on ne peut pas tous les sauver, chaque petite chose que nous faisons c'est déjà beaucoup.
Anne

lundi 11 mars 2019

Bientôt un mois

Et voilà bientôt un mois...
Que dire de ce premier mois ?  Plein de choses 😁
D'abord que nous allons tous les 4 bien. Amélie et Nicolas se sont super bien adaptés et font plaisir à voir depuis leur rentrée à l'école notamment. Anne et moi allons très bien également, un peu moins dans les préoccupations de l'installation. Nous commençons à avoir bien pris nos repères dans Fianarantsoa ainsi que dans la maison que nous faisons nôtre petit à petit.

Nous sommes ravis de saisir toutes les occasions de découvrir de nouveaux fruits (mangoustan, z'évis, banane rose, pomme-cannelle...) nouveaux légumes (taro, brèdes diverses...), même si certains ne nous étaient pas complètement inconnus de part notre expérience à la Réunion. Actuellement nous sommes également en plein dans la saison des avocats dont nous nous régalons.

Nous profitons également des nos moments disponibles pour découvrir les environs, visites, petites ballades (vous pouvez retrouver facilement des photos de tout cela sur la page Facebook




https://www.facebook.com/les.Phana.a.fiana/). Il reste encore un certain nombres de formalités administratives devant nous mais les choses se font petit à petit (moura moura pour ceux qui s'en souviennent). Cette semaine nous devrions faire la connaissance de la célèbre "Mme Françoise" nous vous tiendrons au courant....

Du côté de la mission nous prenons également nos marques et essayons de trouver notre place petit à petit, parmi le personnel et en appui au Père Cyrille directeur et Agnès, contrôleur de gestion
Pour l'instant je me suis pas mal occupé de petits bricolages (notamment petits travaux de plomberie pour essayer de colmater les nombreuses petites fuites de ci de là...) et je commence à me plonger dans les nombreux fichiers excels riches en "macros" (ça parlera à certains) que nos prédécesseurs (Jean-Philippe notamment) ont créé pour suivre l'activité et les comptes du dispensaire. Ces outils précieux vont demander un peu de temps et d'investissement cérébral pour être apprivoisés.
De son côté Anne appréhende petit à petit les différents aspects du gros dossier "ressources humaines" et toutes les autres activités parallèles qui sont de notre ressort. Parmi celles-ci la gestion des parrainage chirurgicaux d'AMM. Je vais essayer d'être le plus clair possible ! Des personnes sans ressource (ce qui ne manque pas hélas) et nécessitant une prise en charge chirurgicale (ce qui hélas ne manque pas non plus...), peuvent éventuellement bénéficier d'une prise en charge de leurs frais chirurgicaux par AMM. C'est souvent le Dr Perry (le médecin du dispensaire) qui reçoit ces patients, voit s'ils ont besoin d'un parrainage et nous les aiguille. Avec son aide, nous identifions le chirurgien à qui référer le patient ; puis nous estimons le coût du pré op, per op et post op (sacré challenge et pari !). Nous transmettons le dossier à AMM et débutons les démarches. Une fois le rendez-vous chirurgical obtenu, le chirurgien laisse au patient une ordonnance avec l'ensemble du matériel nécessaire (désinfectant, gants chirurgicaux, fils de suture, produits, kits de pansements...) : à Mada, l'hôpital ne fournit rien, même en service d'urgence et réanimation, quand il y aurait besoin d'adrénaline, il faut courir à la pharmacie ! Nous rassemblons le maximum de matériel au dispensaire pour limiter au maximum les coûts selon la disponibilité ; puis nous recueillons les éléments manquant à la pharmacie de l'hôpital ou sinon dans une pharmacie en ville ; puis accompagnons le patient pour son hospitalisation, et lui confions tout son carton de matériel/médicaments en vue de l'intervention... Le dispensaire prend ensuite en charge le post opératoire dès qu'il est à nouveau de son ressort. Pour l'instant nous accompagnons Ophelia dans toutes ces étapes pour nous familiariser petit à petit mais il faut apprendre vite car elle nous quittera dans 15 jours déjà...
          Maintenant que nous y voyons plus clair nous pouvons évoquer déjà des premiers points pour lesquels vos dons vont être précieux. Vos généreuses contributions vont permettre d'aider le dispensaire sur certains petits frais de fonctionnement, plein de petites bricoles (cartouches d'encre, petits travaux, connexion internet...) qui mises bout à bout grèveraient la trésorerie fragile du dispensaire.
Quelques chiffres pour situer, la consultation médicale est à 5 000 Ariary (1€25), une cartouche d'encre noir coûte environ 90 000 Ariary (22€5) et le salaire mensuel d'une infirmière-sage-femme environ 250 000 Ariary (62€5).
Votre générosité permettront également ponctuellement d'aider à la prise en charge médicale de patients trop démunis Enfin une partie sera affectée à la pérennisation de projets mis en place par nos prédécesseurs. Notamment un programme de nutrition d'enfant dé-nutris et une activité de centre sociale pour les enfants les plus pauvres du quartier, qui viennent passer une heure au dispensaire le mercredi après-midi. Pendant cette heure animée par Patricia (agent communautaire à temps partiel pour le dispenaire) et bénévolement par Mme Ursule (ancienne enseignante habitant en face du dispensaire) les enfants participent à une lecture et à une activité manuelle et reçoivent un fruit ou un gâteau ainsi qu'un verre de sirop. Grâce aux dons récoltés par les Lambert (nos prédécesseurs) ces activités sont encore financées pour quelques mois, grâce à vos dons nous pourrons prolonger ces activités.
Nous vous remercions donc tous encore une fois pour vos contributions et pour votre soutien.
A bientôt
Philippe

dimanche 10 mars 2019

Le 08 mars à Madagascar

Comme vous le savez tous, le 08 mars est la journée de la Femme. En France, ça donne lieu à quelques manifestations ou articles dans les médias, voire débats. Ici, c'est quasi une fête nationale. Les femmes s'arrêtent 24h et profitent ! Pas sûr que le jour soit officiellement chômé ... Mais les femmes ont la liberté de venir travailler ou pas. Tandis que les hommes travaillent normalement ! Au dispensaire, toutes sont venues le matin seulement pour des horaires allégés, sauf une qui ne s'est pas montrée ! La veille, un repas festif avait été préparé, avec un ragoût de poulet et plusieurs morceaux de poulet (d'habitude la viande est surtout là pour donner un peu de goût). Les femmes se souhaitent bonne fête entre elles, les hommes souhaitent bonne fête aux femmes, y compris aux femmes vazaha ... qui se sentent un peu sur une autre planète ...
Une fois n'est pas coutume, les malgaches ont su tirer profit de la mondialisation . Ca laisse songeur.

Anne

mercredi 6 mars 2019

Bon Anniversaire Nicolas

Mardi 05 mars, Nicolas fête ses 6 ans.
Il a choisi ne pas organiser de goûter d'anniversaire, n'ayant pas vraiment encore de copains à inviter. Il aurait bien aimé aller au cinéma ... mais à Fianarantsoa, c'est un beau rêve ...
Mais nous avons tout de même réussi à lui fêter son anniversaire, et je crois qu'il a apprécié. Nous avons préparé un dîner gaufres, salées et sucrées, et comme c'était la première fois que nous mangions des gaufres à la maison (et oui, hasard de la vie, il faut arriver à Madagascar pour profiter d'un gaufrier à la maison !) c'était une belle surprise ... Nicolas a adoré et nous a remerciés bien 5 fois !
Bien sûr, nous n'avons pas oublié de lui faire souffler une bougie ... ni de lui remettre quelques cadeaux. S'il le choix de cadeaux n'est pas très large ici, il est encore plus compliqué de trouver de l'emballage, et les paquets ont donc été offerts dans du papier, des sacs plastiques, ou un torchon ! Merci à sa marraine pour le chouette puzzle, très apprécié.
Ophélia, jeune infirmière française bénévole, était aussi de la fête, pour le plus grand plaisir des enfants. Une soirée bien réussie avec le sourire et les yeux qui pétillent : objectif atteint !

samedi 2 mars 2019

Ces petits bonheurs

Samedi, nous avons décidé de partir en pique-nique tous les quatre, dans le but de partager ensemble un bon moment et de sortir un peu les enfants du dispensaire.
Nous sommes allés, sur les conseils d'amis, à la léproserie de Manara. Pas très loin, environ 12km mais bien 30 minutes de voiture, de l'autre côté de Fianar. Nous avons découvert un lieu idyllique, bien loin de l'agitation habituelle, avec une vue sur un paysage superbe.







Grand moment de détente et d'apaisement. Les enfants ont apprécié de pouvoir profiter pleinement de parents leur étant enfin totalement disponibles pour jeux ou calins. Quel plaisir pour tous de contempler le paysage, profiter du calme, jouer dans les rochers, observer l'incroyable travail des fourmis,
découvrir une petite grenouille ...

Un petit moment de bonheur qu'il faut savoir accueillir ...










Rien à voir, mais aussi source de satisfaction, grace à la ténacité de Philippe nos gazinière + four fonctionnent enfin normalement ! L'eau bout ! On peut faire cuire du pain ou des gâteaux ! C'est peut-être un détail pour certains, mais pour nous c'est capital 😉

Demain, rentrée des classes pour les enfants.

Bonne fête à toutes les grands mères